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Bilan metapolitique de la musique industrielle, 28 ans après sa naissance

Devenir

 

Deux décennies de terrorisme sonore


Le terme d'Industrial Music (musique industrielle) fut inventé en 1976 par le groupe anglais Throbbing Gristle, qui tenait, par son usage, à se différencier de la vague punk et à afficher clairement son identité propre et ses objectifs. Originellement le but des groupes dits industriels de la première vague était d'attaquer la société du spectacle, la sous-culture de masse et le monde moderne en utilisant ses propres armes. Ainsi les Berlinois d'Einstürzende Neubauten (les immeubles neufs en démolition) en utilisaient comme instruments principalement des déchets métalliques provenant d'usines et les Anglais de Test Departement critiquaient le régime capitalistico-totalitaire de Thatcher en se présentant comme un collectif à l'allure paramilitaire et en jouant dans des usines au profit des mineurs anglais en grève…L'uniforme était alors souvent porté pour le dénoncer.

Cette critique radicale et cette authenticité dans la démarche se sont estompées progressivement durant les années 80 pour plusieurs raisons. Certains groupes en vieillissant et avec le succès sont devenus de véritables musiciens en quête de reconnaissance. D'autres, face à l'apathie du public et l'incompréhension se sont arrêtés. Beaucoup, à leur tour fascinés par ce contre quoi ils luttaient, se sont plongés dans les paradis artificiels, déresponsabilisants et abrutissants, de la Techno. Et enfin, les jeunes groupes qui sont apparu se sont inspirés de telle ou telle démarche pour la pousser jusqu'au bout et ont ainsi segmenté cette micro-scène en une multitude de scènes fort différentes et aux intérêts parfois diamétralement opposés. Plus on avançait dans les années 90, plus les groupes se radicalisaient, on en est ainsi arrivé à la situation actuelle qui est très prometteuse pour l'avenir.

J'oublierai volontairement les tendances uniquement musicales et/ou opposées à notre courant de pensée pour m'attacher à décrire les différents mouvements les plus intéressants. Par simplification je classerai ces derniers en trois tendances :



La tendance néo-folk/wandervögel

Le premier groupe à avoir repris tambours et guitares acoustiques pour composer de véritables hymnes à la nature, aux peuples d'Europe et aux valeurs en déclin fut Death In June. Ses ex-membres et collaborateurs poursuivirent cette démarche au sein de leurs formations respectives: Sol Invictus, Sixth Comm, Fire & Ice, Ostara…Sur les traces de ces anglo-saxons, bons nombres de jeunes musiciens européens tournèrent à leur tour le dos au cirque du monde Rock et de la musique moderne en brandissant fièrement l'étendard de leur région et avec pour seules armes leurs guitares et leurs chansons intemporelles. On citera Of The Wand And The Moon (Danemark), Lonsaï Maïkov (France); Sangre Cavallum et Karnnos (Portugal); Spiritual Front (Italie); Scivias (Hongrie); Backworld et In Gowan Ring (USA) et bien sur une multitude de formations allemandes rendant hommage à Ernst Jünger; Walter Flex ou Hölderlin telles que Orplid, Forseti, Dies Natalis, Sonne Hagal, Hekate, Aurum Nostrum, Heiliges Europa…Tous ces groupes produisent des chansons simples et évocatrices pouvant s'écouter aussi bien en famille au coin du feu, qu'entre camarades lors d'un solstice, voire en toute circonstance étant donné leur caractère mélodieux.



La tendance archéo-futuriste

La paternité de cette tendance est double: D'une part encore les Anglais de Death in June qui, dès 1984, créaient des morceaux à base de synthés accompagnés de tambours militaires, mais surtout les slovènes de Laibach, qui avec leur electro-rock totalitaire et martial, ont fait trembler les charts occidentaux. Leurs héritiers, tout en conservant une imagerie virile et euro-païenne et en utilisant du matériel électronique ont approfondi le fond sans délaisser la forme, ce qui a donc valu à certains les foudres de la censure. Pour les amateurs de musique synthétique calme, voire planante, et avec un arrière plan ésotérique on recommandera Inade, Predominance, Apoptose, Autopsia, First Law, Endura… Dans le même ordre d'idées mais avec un côté plus rythmé et plus cinématographique dans l'utilisation de sources sonores moins obscures et de références plus évidentes (Evola, Nietzsche, Jünger, S.Devi, Mishima…), on recommandera vivement l'écoute de Blood Axis, Turbund Sturmwerk; S.R.P, Dawn & Dusk Enwined; Les Joyaux De La Princesse, Allerseelen, Tribe Of Circle, Sturmovik… Certains ont enfin poussé jusqu'au bout l'aspect martial en composant de véritable hymnes guerriers rythmés par un déluge de caisses claires et de tambours militaires: In The Nursery, Der Blutharsch, Sophia, Camerata Mediolanense, In Slaughter Natives…
Si cette tendance est donc nettement moins consensuelle et "1ère fonction" que le Folk, à mi-chemin entre la voie guerrière et sacerdotale, elle reste néanmoins plus facile d'accès que celle qui va suivre.



La tendance bruitiste/Power-electronics

Il s'agit de l'avis des "musiciens" eux-mêmes de la musique de l'âge de fer, destinée à une jeunesse de fer, bande-son du kali-Yuga en cours,du Ragnarök à venir… En clair, un mur du son, une agression totale des sens par des sonorités électroniques saturées et métalliques, des vocaux hurlés, distordus et virulents et bien sur une imagerie à l'avenant. La voie empruntée est clairement guerrière et rejoint le jusqu'au-boutisme du Black-metal ou du R.A.C le plus violent. Si le monde moderne vous remplit tellement de haine ,que même la pratique intensive d'un sport n'arrive pas à canaliser, le Power-electronics reste peut-être votre dernier exutoire légal. On prescrira alors des doses de Genocide Organ, Haus Arafna, Ex-Order, Strom Ec, Thorofon, PPF, Whitehouse, Dagda Mor, Vivenza, Propergol, Grey Wolves, Slogun, MZ 412, Operation Cleansweep…etc. Vos voisins devraient apprécier.

J'espère maintenant que ce cours article, ô combien réducteur et elliptique, aura néanmoins su éveiller en vous un certain intérêt. En matière de musique jeune et contemporaine, défendant nos valeurs, on parle souvent de R.I.F ou de R.A.C, mais rarement de Folk ou d'Indus, genres pourtant 100% européens et exempts de toute influence étrangère, vulgaire et parasite. Bien que musicalement fort différentes, ces tendances sont parfois spirituellement proches. A vous d'être curieux, d'aller voir des concerts, d'écumer les disquaires…la satisfaction présente au bout de cette quête devrait dépasser toutes vos attentes.

[Article paru sans la revue Devenir.]